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Entretien de Bernard Cazeneuve avec Alberto Mattioli, correspondant à Paris de "La Stampa"

Monsieur le Ministre, que demande la France à l’Italie ?

Tout d’abord, la France entretient avec l’Italie des relations bilatérales très denses et très substantielles. Pour nous, l’Italie est un partenaire indispensable. Face à la crise, la position française est claire : en Europe, nous sommes pour un respect rigoureux de la discipline budgétaire, mais nous demandons également des initiatives fortes pour la croissance. La concertation avec l’Italie est fondamentale. C’est pour cela que je suis heureux d’accompagner à Rome le Ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Ce sera mon deuxième déplacement à l’étranger, après Berlin. Dans un contexte difficile, le partenariat avec l’Italie est encore plus stratégique.

Pourquoi la France insiste-t-elle autant sur les incitations à la croissance ?

Parce que c’est le chemin principal pour résoudre la crise, mais également parce que sans la croissance, à la crise économique s’en ajouterait une autre : la crise démocratique. Dans l’Europe entière se multiplient des prises de position radicales et populistes qui non seulement s’éloignent des valeurs européennes, mais qui remettent en question l’ambition des Pères fondateurs.

M. Hollande avait avancé quatre propositions aux partenaires européens : la recapitalisation de la BEI, le déblocage des fonds structurels non utilisés, la mise en place des project bonds et de la taxe sur les transactions financières. Pourquoi a-t-il relancé les euro-bonds ?

Ces différents dispositifs sont au service d’une seule ambition, maintes fois réaffirmée par le Président de la République : la croissance. Pour nous, les euro-bonds ne sont pas un outil pour ajouter de la dette à la dette ou pour mutualiser le déficit de chacun des Etats. Pour nous, ce sont surtout un moyen d’assurer le redressement qui garantira la croissance de demain et les emplois d’après-demain. Que ce soit clair : sans solidarité financière, il n’y a pas d’avenir pour l’Europe.

(lire la suite)

Entretien de Bernard Cazeneuve avec La Stampa (04/06/12)

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